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Jeu, Aoû

Typographie

Introduction à la littérature de l'entre-deux guerrestip

Au niveau politique, la période de l'entre-deux guerres va notamment être marquée par la flamandisation de l'Université d'Etat de Gand (1930) qui va devenir ainsi (après bien des péripéties) la première université flamande et par la reconnaissance de l'égalité des deux langues nationales, le néerlandais acquérant la même position légale en Flandre que le français en Wallonie (principe de l'unilinguisme des régions), tandis que Bruxelles et l'administration centrale deviennent bilingues (en théorie du moins).

Au niveau littéraire, le renouveau d'après 1918 va être d'abord marqué par une immense curiosité intellectuelle à l'égard de toute la production mondiale. De ce vaste brassage d'idées et de tendances, des écrivains vont retirer des enseignements précieux et durablestip.

En poésie, deux grandes orientations vont marquer cette époque:

  • celle qui dans le sillage du courant « Van nu en straks »tip va rester très soucieuse de la forme et attachée aux thèmes de la vie et de la mort, de l'amour, du désir de bonheur.
  • celle réunissant des poètes proches des courants européens comme l'expressionnisme et le surréalisme.

Des « romans du terroir »

En termes d'écriture romanesque, différentes tendances vont exister au cours de cette période dont la tendance « régionaliste », proposant des « romans du terroir » comme ceux de Felix Timmermans et Ernest Claes.

Felix Timmermans (1886-1947)

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Issu d'une famille d'artisans, artisan lui-même, Felix Timmermans publie d'abord des vers (1907) et des récits pessimistes avant de devenir célèbre avec la publication, au sortir d'une crise religieuse, de « Pallieter » (1916), série de tableaux de mœurs flamandes qui ont pour héros un jeune et joyeux meunier plein d'entrain et de couleur. Vivant désormais de sa plume, il écrit des romans et des récits débordant de vitalité et d'humour et tout imprégnés de la Flandre dont il recrée aussi bien les mentalitésPsaume paysan », 1935) que l'atmosphère pittoresque des petites villesL'Enfant Jésus en Flandre », 1917 ; « Pieter Brueghel », 1928 ; « La Harpe de saint François », 1932 (réédité en français récemment) ; la « Famille Hernat », 1941 ; « Adriaan Brouwer », 1948). Son théâtre, en collaboration avec E. Veterman, puise aux mêmes sources d'inspiration. Un recueil poétique, « Adagio » (1947), est l'expression d'une foi confiante inscrite, en filigrane, dans toute son œuvretip.

Ernest Claes (1885-1968)

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Aux meilleurs des récits d'Ernest Claes, comme « Filasse » (1920), histoire aigre-douce d'un jovial gamin de la Campine et « Wannes Raps » (1926), peinture humoristique de la vie paysanne, s'ajoutent des souvenirs de guerre et de jeunesse (« Kiki »tip, 1926 ; « Jeunesse », 1940 ; « Cellule 269 » (1951) ; « Ceux d'antan » (1959)tip.

Des romans à caractère psychologique et philosophique

L'écrivain Willem Elsschot va amorcer le renouvellement de la prose flamande, renouvellement qui va être confirmé, une dizaine d'années après la première guerre mondiale, par une série d'écrivains pour qui le roman doit être avant tout un récit captivant et une révélation de la vie intérieure.

Maurice Roelants, Raymond Brulez, Gerard Walschap, Marnix Gijsen, Lode Zielens sont parmi ces écrivains qui vont participer à ce mouvement de rénovation de la littérature flamande à partir de 1930. Ils veulent affranchir celle-ci de sa veine « régionaliste ». L’on s’oriente alors vers une littérature dans laquelle on n'hésite pas à évoquer les questions psychologiques, philosophiques, éthiques, ou encore la problématique sexuelle ou les iniquités économiques.

Willem Elsschot (1882-1960)

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Poète, Willem Elsschottip s'est voulu dans ses romans le peintre ironique des mesquineries socialesVilla des roses », (1913) ; « Une déception », (1921) ; « Fromage » (1933), satire du monde des affaires et évocation des années 1930 ; « La Pension » (1937) évoquant les illusions de l'idéal et du quotidien dans une vie qui n'a guère plus de consistance qu'un « Feu follet » (1946). Ses récits « Lijmen » (1924) et « het Been » (1938) (réunis dans l'édition française sous le titre de « L'embrouille ») sont aussi des peintures satiriques de la petite bourgeoisie et du monde des affaires, tout comme « Le bateau-citerne ». Toutefois, derrière son humour et ses sarcasmes, c'est toute sa tendresse et son humanité profonde qui apparaissent.

Présentations

« Villa des roses »: À Paris, vers 1910, M. et Mme Brulot tiennent une modeste pension de famille où se mêlent caractères et cultures. Leurs clients y mènent un train de vie paisible jusqu'à l'arrivée de Louise, la nouvelle femme de chambre. Jeune mère et veuve, elle est appréciée par ces messieurs. Une série de malheurs, à commencer par le suicide d'un des pensionnaires, s'abat sur la pension.

« Fromage »: Frans Laarmans, modeste employé à Anvers, se retrouve soudain représentant d'une entreprise hollandaise de fromage d'Edam - avec dix mille fromages en dépôt dans sa cave ... Bien vite les désillusions s'accumulent.

« Feu follet »: Longtemps après sa malencontreuse entreprise de vente d'Édam, Frans Laarmans, le héros de « Fromage », mène une vie routinière dans la ville d'Anvers. Un soir pluvieux d'hiver, à la fin des années 1930, il est sur le point de rentrer chez lui quand l'abordent trois marins afghans à la recherche d'une certaine Maria Van Dam. Laarmans décide de les aider et les accompagne dans une longue errance nocturne, dont le but semble se perdre dans le labyrinthe des bas quartiers de la ville.

« L'embrouille »: On y découvre pour la première fois le personnage de Frans Laarmans, qui sera le héros de "Fromage" et, plus tard, du "Feu follet". Il rencontre Boorman, un arnaqueur qui l'engage comme complice pour vendre à de petits entrepreneurs des quantités énormes et absolument inutilisables d'une revue de promotion internationale aussi prestigieuse que factice. Le sort d'une de leurs victimes, Madame Lauwereyssen, va déclencher chez Boorman une profonde culpabilité. Il va dès lors vouloir se racheter mais, pour lui comme pour Laarmans, les choses ne se passeront pas du tout comme prévu…

« Le bateau-citerne »: Fin de l’été 1939. Jack Peeters raconte sa rencontre avec un certain Boorman, qui lui a permis de conclure une affaire en or: sans bourse délier, il est devenu propriétaire du Joséphine, un bateau-citerne ancré à Barcelone et dont la valeur ne manquera pas de décupler avec le début de la guerre. À moins que ce ne soit une arnaque de Boorman... ou que le Joséphine soit en réalité un navire fantôme.

Maurice Roelants (1895-1966)

Dans l'œuvre de Maurice Roelants, ce ne sont pas les événements mais bien l'état d'âme de ses personnages qui est essentiel. Toute l'attention de l'écrivain est portée sur l'aspect psychologique. Il prend plaisir à décortiquer le comportement humain et à démêler la complexité des relations humaines. Il est le représentant du roman d'introspection avec notamment « La visiteuse » (1927), roman dans lequel le décor, le milieu et l'action n'occupent qu'une place limitée, l'attention se concentrant sur une brève crise dans la vie des protagonistes déchirés entre leurs désirs et leurs valeurs moralestip.

Raymond Brulez (1895-1972)

Raymond Brulez est, lui aussi, l'auteur de romans psychologiques comme dans « André Terval ou Introduction à une vie sereine» (écrit entre 1915 et 1919 mais publié seulement en1930), un autoportrait psychologique du jeune intellectuel flamand d'avant-guerre qu'il était, nihiliste et anarchiste individualiste et dont le récit se situe dans la région natale de Brulez, le littoral flamand.

Mais il est également l'auteur de contes philosophiques comme « L'Apparition à Calliste » (1953), roman qui se présente à première vue comme un roman historique sur l'antiquité classique, et plus précisément comme une nouvelle approche du thème d'Antigone, mais qui est en fait un essai romancé sur l'effet psychologique que produit un miracle sur le comportement des individus, d'une part, et, d'autre part, sur l'effet que risque de produire sur des jeunes gens s'appuyant encore sur un fond spirituel instable la propagation de certains principes émancipés amoraux. Les anachronismes qui y sont accumulés délibérément trahissent des intentions satiriques: le tyran Alexandre peut être Hitler ou Mussolini; lors de l'occupation par les Macédoniens, Athènes est peuplée d'importuns profiteurs de guerre et collaborateurs...

Il a également rédigé une autobiographie sous la forme d'une quadrilogie, « Mes demeures » (1950-1955)) qui constitue une chronique bouillonnante des événements politiques, économiques et sociaux de l'époque. Ses œuvres sont marqués par une ironie voltairiennetip.

Présentation

« L'Apparition à Calliste »: L'action se situe à Athènes, sous le règne d'Alexandre le Grand, et elle nous est contée par Krimon, le médecin attitré du roi. La fille du roi, symbole de l'amour fraternel, est dans ce récit la jeune couturière Dione, qui se dévoue entièrement à son frère épileptique, Idmaeus. Lors de la conquête et du sac de Thèbes, ce jeune Thébain est sauvé par Krimon et il est soigné à Athènes. Krimon est amoureux de Dione. Celle-ci est disposée à agréer l'amitié du médecin, mais elle refuse de répondre à son amour parce que, prétend-elle, la déesse Pallas Athéna lui est apparue à Kallista et lui a déclaré que rien n'arrivera à Idmaeus aussi longtemps que Dione demeurera chaste. Se résignant à l'inutilité de son adoration, Krimon veut faire de Dione une voyante sacrée, inaccessible à tous. En dépit de l'opposition initiale des autorités civiles et religieuses, il y parvient. La théorie de ‘par-delà le bien et le mal’ prônée par le sophiste Epikritias lors d'un symposium tenu sous le toit de Dione, ainsi que son plaidoyer en faveur de l'inceste mènent Dione tout droit à sa perte: ses rapports illicites avec son frère aboutissent au suicide d'Idmaeus et à la folie de Dione.

Gérard Walschap (1898-1989)

La conception personnelle que va avoir Gérard Walschap du roman est avant tout "anti-littéraire", en ce sens qu'elle fait fi du pittoresque et du conformisme. Elle rompt avec toutes les conventions. Elle entend renouer avec le récit pur, avec cet art de raconter, avec le discours direct et dépouillé de la narration orale. Il va introduire en Flandre un style sobre, nerveux. Son ami l'écrivain Marnix Gijsen (voir infra) a dit de lui qu'il écrivait comme une tornade. Le fait est qu'il va rompre avec la tendance «artiste» de ses prédécesseurs comme Teirlinck ou Streuvels et ouvrir la voie à ceux qui viendront plus tard, Hugo Claus (voir infra) en premier lieu. Gérard Walschap va puiser dans les infinies réserves dramatiques de la vie individuelle ou collective, va en écarter le caractère anecdotique et mettre à nu les structures des destinées humaines. Il ne cherche ni à dissimuler ni à enfler la réalité mais à discerner le côté exceptionnel, miraculeux, extraordinaire, fatal de toutes choses et en conférer à chacune d'elles son allure et son sens.

Son premier roman « Adelaïde » (1929), qui constitue la première partie de la trilogie « La Famille Roothooft » ("Adelaïde"(1929),"Eric"(1931),"Carla"(1933)), va faire scandale dès sa parution. Il y décrit les conséquences morbides de la morale catholique sur une jeune femme, conduite au suicide par la honte de ne pouvoir être mère. De la part d'un jeune auteur qui avait manqué de devenir prêtre, le livre marque une rupture radicale. Sans peur ni honte, il évoque dans ce livre la lutte d'une femme contre sa propre sensualité, ce qui constitue un véritable défi dans la société catholique de l'époque.

C'est pour libérer le corps des interdits moraux que Walschap (et après lui, Marnix Gijsen) va rompre avec le catholicisme, qu'il accuse d'avoir falsifié les rapports de l'homme avec la nature. Intellectuel rebelle, tourmenté, il va contribuer, en Flandre, à émanciper les individus de la tutelle exclusive du christianisme. Plusieurs de ses ouvrages, par leurs titres déjà, («Adieu donc», «Salut et merci»), marquent un détachement à l'égard du conditionnement ambiant.

Parmi ses autres romans, on peut citer également « Sibylle » (1938), « Houtekiet » (1939) et « Alter ego » (1964)tip.

Lode Zielens (1901-1944)

Lode Zielens, autodidacte né dans un quartier populaire d’Anvers, est l’auteur, en dépit de sa mort prématurée, d’une liste appréciable de romans et récits réalistes, souvent à forte portée sociale. Il va être engagé à la fois dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement d’émancipation flamande. Pour Zielens, émancipation flamande et émancipation du peuple relèvent, en effet, du même combat. L’action de ses romans et récits se déroule souvent dans des milieux prolétaires ou petits-bourgeois (il accorde une attention particulière au phénomène d'embourgeoisement et à l'aspect schizophrénique que ce processus peut générer).

Il y aborde, en outre, la question du sexe, présenté non pas comme pur et idyllique mais bien comme problématique et même pervers. Il y est question notamment d'inceste et de viols, ce qui ne va pas manquer de choquer les milieux catholiques. Ainsi, dans son premier roman, « Het duistere Bloed » (1930), il évoque les pulsions ressenties par un père pour sa fille. Dans « De gele roos » (1933), il évoque l'amour entre un frère et une sœur. Dans « Moeder, waarom leven wij ? » (1932), il dresse, de façon très crue, un portrait de la vie des gens du peuple.

Le ton est sobre. L'accent est mis sur la souffrance et le caractère sans issue de celle-ci. Toutefois, il ne s'agit pas pour lui de faire un plaidoyer politique mais plutôt de s'interroger sur le sens de la vie et de la souffrance. Il va, par ailleurs, au fil des années qui vont suivre élargir de plus en plus son regard (et donc ne plus le centrer uniquement sur la question du prolétariat). La question de l'homme dans toute son universalité va devenir ainsi plus importante que celle du milieu social. Désireux de « décrire l’homme objectivement », il va chercher à aborder tous les problèmes auxquels l’être humain est susceptible de se trouver confronté. Aucune de ses œuvres n’a, semble-t-il, à ce jour, été traduite en françaistip.

Marnix Gijsen (1899-1984)

Marnix Gijsen va commencer sa carrière littéraire comme poète (de tendance expressionniste). Elevé dans un environnement catholique strict, il va rompre durant l'entre deux-guerres avec la foi et les valeurs morales de ce milieu et prendre une orientation de vie marquée par le stoïcismetip. Cette évolution est évoquée dans son premier roman, "Le livre van Joaquim de Babylone"(1947), sorte de conte philosophique. Par la suite, ses romans vont se succéder. Dans "Telemaque au village" (1948), il évoque l'atmosphère se ses années de jeunesse qui l'ont empoisonné.

Les grands thèmes de son œuvre sont les rapports entre hommes et femmes ainsi que ceux entre l'être humain et Dieu. C'est de façon ironique qu'il va régler ses compte avec la tradition, les dogmes et les préjugés. Dans ses romans, la sagesse côtoie sans cesse l'absurde (« Le Bien et le Mal » (1951)) auquel se mêlent les images d'une société bourgeoise européenne étriquée face à celles de l'espace américain (« Le Chat dans l'arbre » (1953) ; « Le Fils aîné » (1955) ; « Autoportrait évidemment flatteur » (1965))tip.

Le réalisme magique

La littérature d'après-guerre va être notamment marquée par le développement du « réalisme magique » en Flandre, courant littéraire qui y aura comme « porte-drapeau », les écrivains Johan Daisne et Hubert Lampo.

Deux termes pourraient être utilisés afin de tenter de définir ce que revêt le concept de « réalisme magique »tip: antagonisme et simultanéité.

L'antagonisme s'organise autour de 2 pôles: la réalité et l'incompréhensible, à savoir des faits troublants échappant à toute logique généralement admise, manifestations inquiétantes d'un univers parallèle (ou occulte) dont l'irruption vient rompre l'équilibre des vies jusque-là paisibles et inaugure l'ère du doute dans l'esprit des personnages (généralement les narrateurs).

La simultanéité, c'est ce moment improbable qui met en présence ces deux pôles (réalité et incompréhensible). Une faille s'ouvre ainsi au cœur de la réalité, par laquelle s'engouffre l'étrange, générant un fulgurant « court-circuit »tip.

Johan Daisne (1912-1978)

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Après « Gojim » (1939), Johan Daisne publie en 1942 « De trap van steen en wolken » (L'escalier de pierre et de nuages), son premier grand roman que la postface définit comme un ouvrage « fantastico-réaliste » (ce n'est qu'à partir de 1943 que J. Daisne va adopter définitivement la formule de « réalisme magique »).

Pour J. Daisne, l'art n'est pas photographie mais transposition (romantique de préférence) du réel. Il se situe sur la frontière indécise qui sépare réalité et rêve. L'intuition romantique voit et fait voir la vie en tant que phénomène non seulement « psychophysique externe» mais encore parapsychologique, métaphysique et même mystique. Les deux aspects s'interpénètrent dans la zone frontière où l'envers fantastique de la réalité devient visible. L'univers de Daisne est à double fond. En surface, la réalité quotidienne, banale, qu'il perçoit avec une fidélité scrupuleuse. Mais cette réalité immédiate n'est, pour lui, qu'un spectacle. Il y a, derrière tout cela, les coulisses, une réalité seconde, une machinerie dérobée au témoin distrait, une magie.

Parmi ses romans, on peut citer: « L'Homme au crâne rasé » (1948), confession hallucinée d'un héros sans cesse déchiré entre rêve mythique et quotidien dérisoire, et « Un soir, un train » (1950), romans qui tous deux vont être adaptés au cinéma par André Delvaux (voir fiche " Cinéma "). On lui doit aussi des récits de voyages qui composent une autobiographie romancée (« Lago Maggiore » (1957) ; « Baratzeartea » (1963)).tip.

Présentations

«L'Homme au crâne rasé »: "Dans la maison de repos où il est soigné, Codefroid Fourmivelt tente de décrire la suite des événements qui l'ont mené où il est. Avocat secrètement et désespérément amoureux d'une de ses élèves, Franne, il assiste à l'école au triomphe et au départ de celle-ci ; dix ans plus tard, il est obligé d'assister à une autopsie dans un petit cimetière près de l'Escaut ; le même jour, il retrouve inopinément à l'hôtel Franne devenue comédienne, déçue par la vie et prête à mourir de sa main dès qu'ils se sont l'un à l'autre confessé leurs échecs ; meurtrier jugé irresponsable, on le transfère à l'asiletip.

« Un soir, un train »: Le sommeil gagne un compartiment, un wagon, un train entier. Que signifie cet étrange phénomène ? Le narrateur se trouvera deux compagnons, un aîné et un cadet, pour vivre une aventure dont la dimension prendra, au-delà d'un symbolisme évident, un sens métaphysique.

Hubert Lampo (1920-2006)

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Auteur précoce, Hubert Lampo débute sa carrière littéraire par une brève prose poétique (« Don Juan et la dernière nymphe » (1943)) avant d'attirer l'attention de la critique par des romans psychologiques (notamment « Hélène Defraye » (1944)) ainsi que des nouvelles d'inspiration fantastique (« Réverbères sous la pluie » (1945)). On distingue déjà dans ces récits une rigueur d'écriture et l'expression de convictions humanistes qui vont caractériser la suite de son œuvre. Avec la parution de « Retour en Atlantide » (1953) celle-ci va prendre un tournant décisif. En effet, l'histoire de ce médecin découvrant un jour que son père n'est pas mort comme il l'avait toujours cru mais a disparu sans laisser de trace dans un « nulle part » qui pourrait fort bien être un « ailleurs » dépasse de loin le suspens poétique et exerce déjà un indéniable magnétisme qui ne cessera de caractériser ses écrits ultérieurs. Derrière le paravent d'une anecdote se profile l'univers mystérieux des symboles. Ce livre marque le pas décisif fait par Hubert Lampo en direction du « réalisme magique ».

Il n'est nullement un romancier de « l'absurde ». La contamination du réel s'opère par l'instillation subtile d'une logique résolument autre dont les héros s'ingénient (souvent en vain) à découvrir la mystérieuse cohérence. C'est le cas notamment dans « La venue de Joachim Stiller » (1960), roman qui occupe une place tout à fait centrale dans l'œuvre de Lampo. Un jour, qui ressemble à tous les autres, le journaliste F. Groeneveldt reçoit une lettre dont le timbre et le cachet ont plus de 40 d'âge et qui est signée d'un certain Joachim Stiller. A partir de ce moment-là, une sorte de « logique transversale » va bouleverser la vie du paisible journaliste. L'incompréhensible fait son entrée dans une existence jusque-là sans histoire et parfaitement réglée: signes mystérieux, faits troublants, manifestations inquiétantes d'un univers parallèle. Comme tous les personnages d'Hubert Lampo, le journaliste est amené à conduire une enquête. Qui est ce Stiller ? Comment le passé peut-il resurgir ainsi ? Et d'où lui vient à lui, F. Groeneveldt, cette faille, cette vulnérabilité qui permet à un tel événement de remettre ainsi en question sa logique et sa raison ?

Loin d’épuiser les mêmes recettes, le réalisme magique lamposien connaît une évolution constante. Mêlé à la folie dans « Kasper aux enfers », il se fait plus spéculatif dans « Les Empreintes du pied de Brahma » (1972) ou « Un parfum de santal » (1976), s’auto-parodie allègrement dans « Dites-donc Judith » (1983) pour ne plus jouer enfin que sur la coïncidence dans « La Reine des Elfes » (1990).

Lampo lui fait d’ailleurs de régulières infidélités, dès lors qu’il ne dédaigne pas revenir à la veine psychologique de ses débuts, y mêlant le souci de redresser certaines vérités historiques souvent occultées dans son propre pays. En témoigne son intérêt pour les temps troublés de l’Occupation dans « La Première neige de l’année » (1985) et « La Reine des Elfes ». On lui doit aussi des pièces de théâtre et des essaistip

Présentations

« Retour en Atlantide »: Le narrateur, Christian Dewandelaer, mène une vie tranquille dans une banlieue ouvrière d'Anvers. Il se définit comme un « médecin des pauvres » et s'occupe de sa mère. Tout est bousculé par la mort de celle-ci. Il apprend que son père, qu'il croyait mort depuis son enfance, a en fait mystérieusement disparu. Il rencontre l'inspecteur qui s'était chargé de l'enquête et qui n'a pu trouver aucune explication plausible. Celui-ci lui raconte d'autres histoires de disparitions mystérieuses, jamais élucidées, ce qui donne une dimension fantastique au récit. Christian trouve ensuite dans le grenier plusieurs livres sur l'Atlantide ayant appartenu à son père. Jonas, un ami de son père, lui apprend que celui-ci était fasciné par l'Atlantide.

« La venue de Joachim Stiller »: Un jour, qui ressemble à tous les autres, le journaliste F. Groeneveldt reçoit une lettre dont le timbre et le cachet ont plus de 40 d'âge et qui est signée d'un certain Joachim Stiller. A partir de ce moment-là, une sorte de « logique transversale » va bouleverser la vie du paisible journaliste. L'incompréhensible fait son entrée dans une existence jusque-là sans histoire et parfaitement réglée: signes mystérieux, faits troublants, manifestations inquiétantes d'un univers parallèle.

Des romans marqués par l'Histoire

Louis Paul Boon (1912-1979)

Né dans la petite ville industrielle d'Alost (qui connut très tôt un mouvement ouvrier organisé) dont le climat social va fournir à son œuvre littéraire un sol nourricier permanent, Louis Paul Boon est issu de la petite bourgeoisie.

La base autobiographique de son œuvre va être considérable. Ainsi, par exemple,« Ma petite guerre » (1947) est un impressionnant roman témoignage qui relate notamment sa captivité, comme prisonnier de guerre durant la seconde guerre mondiale et la vie quotidienne en Flandre sous l'Occupation.

Son premier grand roman, « De voorstad groeit » (1942), se déroule quant à lui entre les deux guerres mondiales et évoque la vie industrielle et collective d'un groupe de personnes, essentiellement des gens du peuple, qui subissent l'emprise du développement industriel à la lisière de la ville à usines qu'est Alost. Les deux pôles de ce développement sont d'une part l'agressive puissance du capitalisme et d'autre part la laborieuse résistance du socialisme. Cette lutte fournit le contexte socio-historique. Les personnages qui apparaissent dans le roman sont des types: la femme du peuple, le travailleur, l'industriel, le rêveur révolutionnaire, le vagabond, l'inventeur, l'artiste incompris, etc. Et tous ont en commun d'échouer. L'expérience de l'absurdité, du vide, de l'inutilité, de l'impuissance, de l'angoisse, de la fatalité, se révèle être une caractéristique fondamentale de leur existence. Tous autant qu'ils sont, ils représentent déjà ce qui, dans toute son œuvre, deviendra ‘l'homme de Boon’: un être qui rêve et échoue parce que les circonstances s'opposent à son rêve de bonheur ou qu'il en empêche lui-même la réalisation. C'est là le thème intemporel, universel et existentialiste du roman, thème auquel Boon ne cessera de revenir.

Dans « Vergeten straat » (1946), Boon décrit la construction et la faillite d'une société utopique de style socialo-anarchiste.

De façon générale, le regard que Boon jette sur l'homme et la société correspond à sa conception de l'histoire. Celle-ci sous-tend toute son œuvre mais fait surtout l'objet d'un exposé et d'un commentaire dans le diptyque « La route des petites chapelles » (1953) et « Eté à Ter-Muren » (1956) qui décrit, de la fin du 19ième siècle jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la montée et le déclin du socialisme. Dans les discussions que mènent les personnages de ces œuvres, on considère l'histoire comme un mouvement pendulaire, régi par la loi de l'éternelle attraction des contraires à laquelle obéissent aussi bien l'individu que la société et qui est comparable au mouvement cyclique de la nature. Cette loi s'applique notamment à la politique: « Plus on le (=le balancier) pousse à gauche, plus il s'obstine à revenir à droite ». Cette idée de l'éternel retour va mener l'auteur plutôt vers l'ironie, le scepticisme et le relativisme que vers la foi et l'optimisme. Le socialisme de Boon présente plutôt des traits humanistes et anarchistes et se caractérise plutôt par une sympathie de principe pour les petites gens sans cesse opprimés et exploités, et par un dégoût viscéral pour toutes les formes de pouvoir et de contrainte. Dans le prologue de « La route des petites chapelles », l'auteur énonce lui-même le thème: la difficile progression et l'inévitable effondrement du socialisme. Mais, c'est aussi par sa technique et sa structure que ce diptyque se singularise tout à fait et se situe dans le mouvement de renouveau du roman européen moderne. Dans ces deux livres, Boon mêle les fragments de quatre romans différents qui se déroulent à diverses périodes (18ième, 19ième et 20ième siècle). La relation entre tous ces niveaux du récit réside dans la démonstration du fait que le sort des petites gens ne s'est guère amélioré au cours des siècles, puisqu'ils ne cessent d'être victimes de l'argent, de la puissance et des systèmes politiques de leur époque.

Il va également être l'auteur de deux grands romans socio-historiques, « Pieter Daens of hoe in de negentiende eeuw de arbeiders van Aalst vochten tegen armoede en onrecht » (Pieter Daens ou comment, au 19ième siècle, les travailleurs d'Alost luttèrent contre à misère et l'injustice (1971) et dont le cinéaste Stijn Conincx a tiré un film (voir fiche " Cinéma" ) et, à titre posthume, « Het Geuzenboek » (Le livre des Gueux, 1979)tip.

Une littérature expérimentale

Dans le courant des années 1950 et 1960, un certain nombre d'écrivains vont explorer à l'instar de ce qui se fait ailleurs en Europe à la même époque, les limites de l'expérimentation dans la forme et le contenu. Parmi ceux-ci, on peut citer Ivo Michiels.

Ivo Michiels (1923-2012)

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Ivo Michiels, qui commence à publier dans les années 1940, va devenir le principal représentant de l'avant-garde littéraire. Il va rompre de façon radicale avec la tradition de la narration réaliste et explorer les limites du langage. Il cherche à se défaire des formes romanesques traditionnelles et, supprimant personnages réels, espace délimité et chronologie rigoureuse, se penche dans « Le livre Alpha » (1963) sur les liens qui unissent indissolublement le présent et le passé. Il est l'auteur de deux cycles de romans imposants, le cycle Alpha (1963-1979) et Journal brut (1983-2001), cycle de romans en dix tomes dont deux ont été traduits en français: « Les Femmes de l'archange » et « Le Livre des relations spirituelles ». Dans « Orchis militaris », la langue occupe aussi une place centrale en tant qu'objet de recherche suspect: en effet, la langue est un instrument qui pousse à la violence, une langue constituée de slogans engendre l'agressivité, mène à la guerre. A ce ‘militaris’ (guerre et destruction), l'écrivain oppose ‘orchis’ (l'orchidée), la beauté. Telle est l'opposition qu'il souhaite transcender, voire détruire, en générant un nouvel idiome. Cette langue nouvelle ne peut exister que si l'ancienne est épurée. Michiels ne se contente plus du langage courant, plein de clichés. En démantelant celui-ci, il tente de donner naissance à une langue nouvelle, plus enjouée, plus spontanée et plus volontaire. « Orchis militaris » dénonce explicitement la violence, le militarisme, l'agression verbale. C'est pourquoi la langue, en tant qu'instrument au service de despotes, doit être démantelée, dépouillée de sa soif de pouvoir fascisantetip. On doit aussi à Ivo Michiels des scénarios, notamment pour André Delvaux (« Femme entre chien et loup » (1978)).

Présentation

« Le livre Alpha »: C'est le début de la dernière guerre mondiale. Devant la rue d'où toute vie s'est retirée après l'exode de la population, une sentinelle, en faction à la porte de la caserne, rêve. Une image suit l'autre, associées par un mot, mais soudées en fait dans les bases profondes de l'inconscient. Un rythme intérieur les accélère ou les ralentit, les scande ou les laisse flotter, à moins que les échos d'une marche militaire ne viennent les bouleverser. Une enfance, une adolescence sont ainsi revécues, jusqu'à la terreur des récents bombardements, jusqu'à son désir présent: de déserter, de rejoindre Ann. Ann qu'il n'a pas osé approcher, qu'il ne saura peut-être pas aimer - et le propos de l'auteur se dessine: comment se délivrer de l'obéissance aux ordres des parents et des maîtres, de la soumission aux principes de la religion et de la morale traditionnelle, aggravées maintenant par la loi militaire qui fait de lui une bête à obéir? Son éducation puritaine l'entrave, le condamne à la passivité, sa rébellion restera intérieure. Ne s'est-il pas déjà laissé salir? C'est de bonne grâce qu'il s'est prêté, tout jeune, aux caresses d'un prêtre libidineux; c'est en victime consentante qu'il a subi les sévices de ses camarades plus âgés... La passivité absolue ne serait-elle pas pour finir une arme efficace pour se soustraire aux lois d'une société méprisable et haïe?

Des romans marqués par les événements socio-politiques de l'époque

Les années 1960 et le début des années 1970 vont fortement être centrés sur les problèmes de société, en parallèle avec les événements socio-politiques de l'époque. Par ailleurs, les années 1970 vont également être marquées par l'écriture autobiographique et le retour à la narration pure sous forme d'une narration de faits.

Jos Vandeloo (1925)

Jos Vandeloo va être poète, nouvelliste et romancier. Dans son œuvre, il évoque, dans la tonalité du « réalisme magique », les multiples angoisses et aliénations du monde contemporaintip. Ainsi son roman le plus connu, « Le danger » (1960), évoque les risques liés à l'énergie nucléaire.

Jef Geeraerts (1930)

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Jef Geeraerts a vécu au Congo de 1954 à 1961 où il a travaillé dans l'administration coloniale. À son retour en Belgique, il fait une entrée fracassante en littérature avec « Je ne suis qu'un nègre » publié en 1962, qui devient un best-seller aux Etats-Unis.

Il publie ensuite des autobiographies déguisées, profondément marquées par le passé colonial, la nostalgie d'une vie en contact avec la nature sauvage et la culture « primitive », le retour forcé dans la patrie et l'hostilité envers une " pseudo-civilisation " jugée décadente et hypocrite. C'est son cycle Gangreen (dont la première partie s'intitule « Black Venus ») qui a fait le plus grand bruit: il y met en scène un colon blanc et ses aventures sexuelles avec des femmes africaines, pour critiquer avec véhémence la culture occidentale et la politique africaine.

Durant les années 1970, il évolue vers le thriller, genre dans lequel il est considéré comme le grand maître en langue néerlandaisetip.

Parmi ses autres romans traduits en français, on peut citer: « Oiseaux de nuit », « Sanpaku » et « Chasses ».

Présentations

« Je ne suis qu'un nègre »: Le Congo au lendemain de l'Indépendance. À la faveur du désordre général, Grégoire Matsombo, assistant médical, s'empare d'un important stock de médicaments et ouvre un cabinet de consultation dans son village natal. Peu scrupuleux, il gagne beaucoup d'argent et mène la vie d'un roitelet de brousse. Par la bouche de Matsombo, c'est "le nègre éternel" qui parle et manifeste sa haine, tant de la soif de pouvoir des "civilisateurs" blancs qui veulent rétablir l'ordre que de l'opportunisme des nouveaux potentats.

« Black Venus »: Jef, le jeune assistant de l'administrateur territorial, raconte avec grande nostalgie les années passées au Congo, des années chargées de délices culinaires, de chasse, de pêche et surtout d'aventures érotiques. Son passé étriqué d'Occidental détonne farouchement avec la vie primitive et spontanée dans laquelle il s'abîmait aux colonies, secondé par toute une série de ‘black Venus’. Deux de ces femmes africaines surtout tiennent une place importante: Mbala, la fille d'un chef indigène, qui dépouille Jef de l'emprise que la culture occidentale exerce sur lui, et Catherine, une fille de roi, qui par la suite lui fait comprendre que, quoi qu'il fasse, il ne pourra plus jamais échapper complètement à l'Europe.

« Oiseaux de nuit »: Septembre 1943, dans un coin perdu de la campagne flamande. Carl, âgé de 13 ans, vit ses derniers jours de vacances dans la ferme de ses grands-parents, loin d'un père autoritaire et froid et d'une mère faible qui le protège. Élève brillant d'un collège jésuite contre lequel il se révolte, il rêve de Salammbô et de Néfertiti. Dans la forêt, il rencontre Jos, un garçon sauvage qui vit dans une cabane abandonnée avec sa mère et sa sœur, Alice. Une amitié naît presque aussitôt entre ces deux êtres si opposés mais qui partagent le même goût pour la nature qui les entoure. Quand Alice, de trois ans son aînée, entre en jeu, c'est la passion que va découvrir Carl, une authentique passion où se rejoignent ses rêves les plus cultivés et ses instincts profonds. Mais Carl va brutalement quitter le monde de l'enfance. Quoi qu'il arrive, il ne sera plus jamais le même: cette quête initiatique lui aura donné une force, une liberté qui jamais ne le quitteront.

« Sanpaku »: Ce roman nous fait suivre les tribulations des propriétaires successifs d'un violoncelle acheté en 1859 à Paris chez le facteur Vuillaume. Beauté et raffinement, mais aussi violence et magie, sont les clés de cette histoire extraordinaire, placée sous le signe d'une force mystérieuse nommée sanpaku ("les yeux de la mort", pouvoir que possédaient certains samouraïs). Cette force maléfique constitue le fil conducteur de ce roman qui commence à Paris en 1939 et nous conduit à Anvers, au camp de concentration de Sobibor, à Bayreuth et, enfin, dans un village abandonné de la Dordogne.

« Chasses »: apparaît sous forme d'un double reportage relatant deux parties de chasse. La première raconte la chasse au ‘buffle de forêt’ en 1960, l'année où la colonie devint indépendante. La seconde chasse se déroule sur l'île de Kodiak en Alaska, vingt ans après la première. Ici, il s'agit d'un Belge d'âge moyen qui se lance une dernière fois dans une aventure sauvage (abattre un grizzly).

Des romans associant écritures autobiographique et historiographique

Les années 1980 vont être marquées par la publication de deux impressionnants romans d'apprentissage historiques (association d'écritures autobiographique et historiographique): « Le Chagrin des Belges » d'Hugo Claus et « Les pères maudits » de Monika van Paemel à qui l'on doit l'introduction de l'écriture féminine en Flandre. Ces romans montrent des ressemblances frappantes: dans les deux cas, il s'agit pour l'auteur d'une recherche de son passé et de ses origines familiales, placée dans le cadre plus large de l'histoire socio-politique.

Cette dynamique peut être rattachée à l'orientation socio-critique qui a été, depuis le 19ième siècle, particulièrement présente dans la littérature flamande avec des auteurs comme Louis Boon, Cyriel Buysse, Gerard Walschap et Lode Zielens. Les principaux représentants de la nouvelle génération, dont Leo Pleysier et Pol Hoste, vont suivre cette tendancetip.

Hugo Claus (1929-2008)

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Romancier, poète, dramaturge, scénariste, auteur d'une centaine d'ouvrages, Hugo Claus a également participé, comme peintre, au tournant des années 1950, au mouvement artistique Cobratip.

Dans son roman le plus célèbre, "Le chagrin des Belges" (1983), il décrit avec le lyrisme brutal et truculent qui est sa marque de fabrique une certaine médiocrité réactionnaire du milieu provincial flamand. Il y dénonce la collaboration flamande avec l'occupant allemand durant la Seconde guerre mondiale.

Maniant une langue drue et réaliste, il peuple ses textes de personnages souvent grotesques, dérisoires ou hypocrites. Dans un certain nombre de ses romans, il met en scène le chaos moral et spirituel dans lequel se trouve une grande partie de la jeunesse au lendemain de la guerre. Son écriture mêle éléments tragiques et burlesques, formant un tout cynique, baroque, d'une puissance extraordinairetip.

Parmi ses œuvres traduites en français, figurent son premier roman "La chasse aux canards" (1950), "L'homme aux mains vides" (1956), "L'Etonnement" (1962), "Une douce destruction" (1988), "Hontes" (1972), "L'Espadon", "Belladonna", "La Rumeur" (1996), "Le Dernier lit".

Présentations

"La chasse aux canards": La famille des Metsiers est terrée dans une ferme isolée dans la plaine flamande. Ils y vivent reclus depuis la mort du père, tué au cours d'une chasse aux canards. La mère a pris Peter, l'employé de la ferme, pour amant. Jules le bigot ne parle plus que de punition divine. Yannie, le fils bâtard et simple d'esprit, est follement amoureux de sa sœur Ana, qui elle par contre se donne au premier venu. L'arrivée d'un soldat américain, le tout se déroule à la fin de la Seconde Guerre mondiale, va provoquer une crise salvatrice dans cet univers familial au climat oppressant, une crise qui verra son apogée lors d'une nouvelle chasse aux canards qui libérera enfin les Metsiers de leurs démons.

"L'Etonnement": Un professeur de langues rencontre la jeune femme Sandra lors d'un bal masqué. Par la suite, un élève le conduira au château où elle habite. Comme on l'y prend pour quelqu'un d'autre, il y sera admis. Ce petit château est le lieu de rencontre d'un groupe d'anciens collaborateurs de guerre, qui y célèbrent le souvenir de l'officier SS Crabbe, disparu au front de l'Est, et qui a joué un rôle important dans la vie de Sandra.

"Une douce destruction": André Maertens, directeur en fin de carrière d'un centre culturel, apprenant la mort du poète Waehlens, se remémore leur période commune à Paris trente ans plus tôt. Dans ce flash-back, il se revoit jeune peintre en bâtiments gantois tombant amoureux de Sabine de Comptine d'Aarselaer, qu'il suit à Paris, où elle sera artiste, modèle et actrice. Il y entre en contact avec le groupe Asur, composé de peintres et d'écrivains des Pays-Bas et de Flandre.

"Hontes": Une île mystérieuse, une dictature sauvage, une équipe de télévision européenne venue pour tourner la Passion du Christ: tels sont le cadre et les personnages de « Honte », un conte à la fois cruel et violent, où les êtres n'expriment que la désespérance de vivre et les souffrances de l'âme.

"L'Espadon": Un village flamand, à deux pas d'une ville provinciale. Un petit garçon à l'imagination fertile s'identifie tantôt au poisson-épée, terreur des mers, tantôt au redoutable cow-boy Clint Eastwood, mais surtout à Jésus-Christ, dont il répète inlassablement, une lourde croix sur le dos, l'ascension du Golgotha, « comme à la télé ». Autour de lui, une maman qui s'ennuie sans homme à la campagne, une grand-mère insupportable, un ivrogne sympathique mais qui porte un lourd secret, un instituteur poète incompris, une demoiselle exaltée qui a entrepris de convertir en secret le garçon. En outre, quelque part un drame s'est produit, qui justifie l'entrée en scène d'un gros commissaire neurasthénique à la voix fluette. Il enquête.

"Belladonna": Hugo Claus n'est pas tendre avec ceux qui font semblant: les snobs, les hypocrites, les imposteurs, les fonctionnaires de l'art, profiteurs du " patrimoine ", chasseurs de subventions en tout genre, et tous les autres acteurs de la comédie culturelle. Belladonna réunit quelques-uns de ces acteurs. Pour obtenir l'appui du Ministère, quelle meilleure idée que de consacrer un film à une gloire nationale ? Ce sera donc ici, puisque nous sommes en Flandre, la vie de Peter Breughel l'Ancien, peintre célèbre du 16ième siècle, grand parmi les grands. C'est l'occasion pour Hugo Claus de nous faire entrer dans les coulisses du cinéma, un petit monde qu'il connaît bien ; Avec un rire vengeur, et ravageur il cingle tous ces fantoches, acteurs, metteurs en scène, politiciens ignares, roublards et bavards, financiers sans argent, scénaristes sans idées, critiques sans talent, dignes émules des bossus et des aveugles qui traversent les toiles de Breughel.

"La Rumeur": Nous sommes au milieu des années soixante. René Catrijsse, d'une vingtaine d'années, revient du Congo belge. Il a servi dans l'armée coloniale puis a déserté. Exténué, gravement blessé au dos, il revient dans son village natal Alegem, dans l'ouest de la Flandre. Personne ne se réjouit du retour de l'enfant prodigue. Alegem est un village replié sur lui-même, à l'atmosphère étouffante, où la corruption et les pratiques frauduleuses sont monnaie courante. Au Congo, le jeune homme a vu commettre des atrocités et en a commises lui-même. Là-bas, il a réalisé combien la frontière entre barbarie et civilisation était mince. Sa seule présence dérange. Lorsqu'une épidémie mortelle frappe le village et que les cadavres pleuvent, il est un bouc-émissaire.

"Le Dernier lit": Au fil de ces trois récits, on retrouve les thèmes les plus marquants de l'œuvre d'H. Claus: l'obsession religieuse dans « La Tentation », les difficiles relations familiales et les questions œdipiennes dans « Le Dernier Lit » et le rêve dans sa version surréaliste dans « Une somnambulation » et, comme toujours, l'oppression haineuse de la société bourgeoise sur l'individu non conforme.

Monika van Paemel (1945)

La quête d'identité est un thème important dans l'œuvre de Monika van Paemel qui accède à la notoriété en 1985, avec son roman « Les pères maudits ». Celui-ci reconstitue, au moyen de monologues, de passages narratifs, de chroniques et de fragments de journal, la vie d'une fille qui éprouve des sentiments contradictoires à l'égard de son père.

Présentation

« Les pères maudits »: Dans ce livre, une femme apparaît peu à peu comme un personnage central, ou du moins un personnage porteur de tout ce dont le roman est chargé. Pam est née en 1945, à une date qui, outre son anniversaire, rappelle «le souvenir de la fin d'une guerre qui ne signifiait pas le commencement de la paix». Sa mère espérait un garçon; Pam se sentira toujours rejetée. Son père et les hommes de sa famille ne lui sont pas plus bienveillants: ils appartiennent à un univers fermé, où les seules solidarités sont masculines.

Leo Pleysier (1945)

Leo Pleysier trouve dans le vie de famille en milieu rural une source d'inspiration intarissable. Il est un des rares auteurs flamands à savoir concilier deux traditions antagonistes: la prose expérimentale et le « roman du terroir ». Ses romans n'ont, semble-t-il, pas encore été traduits en français.

Pol Hoste (1947)

Le premier livre publié de Pol Hoste s'inspire des révoltes étudiantes de mai 1968. Son goût pour la fragmentation du récit lui vaut d'être appelé « l'anarchiste langagier » de la littérature flamande. Son œuvre regorge de jeux de mots, de coq-à-l'âne. Son éducation, radicalement communiste, constitue une importante source d'inspiration de son œuvre qui soulève constamment la question des inégalités sociales. Il est notamment l'auteur de la pièce de théâtre « La vie commence à Molenbeek » (2000), fruit de ses rencontres, pendant plusieurs mois, avec des jeunes Marocains de Molenbeek et expression de leur vision du mondetip.

D'autres auteurs

Eric De Kuyper (1942)

Eric De Kuyper a été réalisateur, producteur, théoricien du cinéma avant de commencer une carrière d'écrivain en 1988 avec « Vacances ostendaises: souvenirs d'enfance », premier tome d'un cycle autobiographique dans lequel il évoque le monde disparu de son enfance. Dans « Le chapeau de tante Jeannot: souvenirs d'une enfance bruxelloise », il esquisse, dans un style simple et raffiné, le milieu de la petite bourgeoisie des années 1950tip.

Il est également l'auteur d'un thriller psychologique tendre et ironique qu'il situe dans les années de son adolescence et qui a pour cadre le Résidence Palacetip à Bruxelles: « Je viendrai comme un voleur ».

Geert van Istendael (1947)

Geert van Istendael est une vedette du journal télévisé flamand lorsqu'il publie ses premiers recueils de poésie, dans les années 1980. Bruxelles est une source d'inspiration importante dans son œuvre. Il va acquérir une grande renommée en tant qu'auteur de livres bien documentés sur la Belgique et la ville de Bruxelles.

Dans « Le labyrinthe belge » (1989), un livre à grand succès, il analyse son rapport amour-haine avec la Belgique, Bruxelles et « l'autosuffisance flamande »tip.

Lieve Joris (1953)

L'œuvre de Lieve Joris (1953) témoigne de ses nombreux voyages. Dans « Mon oncle du Congo » (1987), elle part sur les traces de son grand oncle missionnaire. « Mali blues » (1996), est un carnet de route à travers l'Afrique de l'Ouest avec toute une galerie de personnages émouvants, d'où émerge le chanteur de blues malien Boubacar Traoré. Les Africains de ses récits sont des survivants qui, non sans génie, associent traditions, magie et modernité. Elle est une observatrice engagée dans les tableaux qu'elle fait de l'Afrique post-coloniale.

Ses récits décrivent avec compassion mais sans complaisance, la vie souvent difficile dans ces pays. « La danse du léopard » (2001), présente un portrait déchirant du Congo, un pays où règne le chaos, la peur, la misère mais aussi la volonté de survivre malgré tout. Ce livre est, en effet, aussi un hommage à un peuple qui maîtrise comme nul autre l'art de la survie.

« Les portes de Damas » (1993) est le résultat d'un long séjour de Lieve Joris à Damas chez une amie syrienne dont le mari est prisonnier politique; c'est un journal sur la vie ordinaire à Damas dans un environnement oppressanttip.

Pieter Aspe (1953)

Pieter Aspe (1953) est devenu célèbre grâce à la série des enquêtes du commissaire Van In. Celles-ci mettent en scène les sympathiques policiers Pieter Van In et Guido Versavel, ainsi que la substitute Hannelore Martens.

La plupart des histoires se déroulent à Bruges et sont l'occasion de découvrir la ville, ses arcanes et sa vie sociale. Parmi les romans traduits en français, on peut citer: « Chaos sur Bruges », « La Mort à marée basse », « Le Tableau volé »...

Kristien Hemmerechts (1955)

Le thème récurrent de l'œuvre de Kristien Hemmerechts, l'épouse du poète Herman de Coninck (1944-1997), est l'incapacité humaine d'en finir avec le passé. Le rôle des parents et les drames familiaux y tiennent également une place importantetip.

Parmi la vingtaine de romans et de recueils de nouvelles écrits à ce jour, seuls quelques-uns ont été traduits en français: « Anatomie d'un divorce », « Les hommes un peu, les femmes à la folie », « Jeudi après-midi. Trois heures et demie ».

Elle est aussi, pour rappel, la co-auteure avec l'écrivain francophone Jean-Luc Outers (voir fiche consacrée aux écrivains en langue française) de "Lettres du plat pays" (2010), livre dans lequel les deux auteurs échangent leurs points de vue sur la politique belge, sur les événements du monde, donnent leur sentiment sur l'actualité culturelle, évoquent les villes et les paysages qui les ont marqués...

Présentations

« Anatomie d'un divorce »: Si la famille est un grand corps, que deviennent ses membres quand la cellule fondatrice se brise ? C'est le propos d'Anatomie d'un divorce. Pour rendre compte de la dislocation qu'est le divorce, l'auteur a construit un roman à plusieurs voix, à plusieurs temps et dans des lieux multiples, qui est bâti comme une anti-saga. La séparation du couple Petra et Victor va entraîner celle de leurs enfants, les jumeaux, Emilla et Simon. Emilla reste à Bruxelles avec sa mère tandis que Simon suit son père à Paris où ce dernier fonde une nouvelle famille. Des années 1970 aux années 1990, entre la Belgique, la France, le Mexique et le Congo, deux générations d'hommes et de femmes essayent, malgré la fugacité des repères, de donner un sens à leur vie.

« Les hommes un peu, les femmes à la folie »: Journal intime, à deux voix, qui se passe dans un pensionnat catholique dans la Flandre des années soixante: celles de Jana, l'enseignante, et de Lucie, la directrice de cette école pour jeunes filles rangées. Racontée sous des angles de vue variables, dans une chronologie bousculée, l'histoire livre des confidences et une panoplie de détails d'une scolarité qui va sceller une amitié à peine ternie par la différence d'âge. Le célibat, le mariage et ses tabous, l'éducation catholique musclée, les conflits familiaux: autant de sujets de préoccupation pour Lucie et Jana qui finissent par se rejoindre à la faveur d'une connivence singulière. Refusant le jeu de l'apparence, elles revendiquent leur féminité proclamée au péril des conventions.

« Jeudi après-midi. Trois heures et demie »: Ce roman tourne autour d'un tragique fait divers survenu dans un village flamand. Un fillette de 12 ans meurt dans un accident de la circulation et raconte son histoire après sa mort.

Tom Lanoye (1958)

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Ecrivain engagé, polyvalent (romancier, auteur de théâtre, essayiste, éditorialiste...), Tom Lanoye est souvent considéré comme le successeur d’Hugo Claus. Ses thèmes de prédilection sont l'amour, la décrépitude, la mort et la gastronomie, le tout situé dans le cadre stéréotypé de la Flandre petite-bourgeoise.

Ses livres commencent à être traduits en français: "Les boîtes en carton", "La Langue de ma mère", « Célibat », « Forteresse Europe ».

Présentations

"Les boîtes en carton": Tom Lanoye raconte son enfance, à la fin des années 60, à Saint-Nicolas (appelé P. dans le roman), avec son père boucher, sa mère qui aimait tant le théâtre et adorait ce fils, son cinquième enfant, né par accident. Elle ne cessait de lui demander s’il avait bien mis des sous-vêtements propres, au cas où il aurait un accident sur la route et serait à l’hôpital. Il y a toutes ces femmes qui l’entouraient de leur amour: sa sœur qui l’amenait en trottinette à l’école, Pit Germaine, dit "petemoei", qui parlait sans cesse "en racontage automatique", la gentille Wiske qui s’occupait d’eux, etc. Tout un pan de la Flandre profonde des années 1970 décrit avec ironie, tendresse et acuité. Et puis, il y a le collège, la "Boîte", tenu par une armée de prêtres en soutanes et son amour violent pour Z... le tout raconté avec un humour décapant.

"La Langue de ma mère": Bouleversant chant d’amour à une mère frappée d’aphasie. Tom Lanoye a voulu exprimer, par beaucoup de mots, sa pudeur à parler de sa mère et de son terrible accident cérébral, elle qui ne vivait que par les mots. La souffrance de la mère et de son entourage, sa mort, sont racontées avec une vérité crue mais, en même temps, beaucoup de pudeur amoureuse.

« Célibat »: Les d'Hertenfeldt ont toujours régné en maîtres sur le village, achetant les terres et enfourchant les filles. Toute dynastie finit cependant par se tarir, surtout quand le train de Louvain s'en mêle. Seul André, unique et pâle rejeton établi à la ville, peut sauver la lignée. Mais une enfance trouble l'a profondément marqué: sa propre mère ne le trouvait-elle pas amer, dissimulé et cruel ? Et son père balourd ou, pour tout dire, idiot ? L'arrivée du nouveau seigneur d'Hertenfeldt, en qui tout le village a placé ses espoirs, ne se présente donc pas sous les meilleurs auspices.

« Forteresse Europe »: C'est une provocation de l'esprit qui traite de l'émigration à l'envers. L'auteur met en scène des Européens qui veulent quitter leur continent. L'idéal « Liberté, Égalité, Fraternité » ne s'est pas traduit par le paradis sur terre escompté, et déçus, ils veulent fuir. L'idéal démocratique de la société ouverte et multiculturelle par lequel l'Europe tente de répondre à cette violence demeure inopérant. L'individualisme et le laxisme ont conduit les Européens au nationalisme et à la xénophobie, accélérant ainsi la désintégration culturelle. Dans ce climat, tout ce qui est nouveau, donc inconnu, fait peur. Le conservatisme triomphe. Même la pensée critique est devenue suspecte.

Anne Provoost (1964)

Anne Provoost débute sa carrière dans la littérature jeunesse où elle se fait remarquer par les thématiques qu'elle aborde et qui sont peu fréquentes dans ce genre de littérature: les abus sexuels (« Ma tante est un cachalot »), le racisme et l'extrême droite (« Le piège »), le passage d’une jeune fille à l’âge adulte (« La Rose et le Pourceau ») ...

Mais elle va également être l'auteur de livres pour adultes. Deux d'entre eux ont été publiés en français: « Regarder le soleil » et « Les passagers de l'arche ».

Présentations tip

« Regarder le soleil »: Après la mort de son père des suites d’un accident de cheval, la jeune Chloé reste avec sa mère Linda dans leur ranch de l’outback australien – sa mère qui a perdu un œil et devient progressivement aveugle de l’autre. Ilana, sa demi-sœur adolescente, part vivre chez son père en ville: elle ne supporte plus le regard de sa mère ni l’objectif de son appareil photo rivé en permanence sur elle, comme si Linda cherchait à fixer sur la pellicule ce qu’elle redoute de bientôt ne plus voir. Linda continue à faire tourner la ferme, mais elle perd peu à peu le contrôle de la situation… et de sa fille qui profite de cette liberté toute relative pour errer dans la campagne, se raccrochant convulsivement à des animaux presque morts à qui elle doit à chaque fois dire adieu. Dans l’intervalle, sa mère la dévore, se raccroche à elle, la suit dans la maison comme si elle craignait de se perdre. Après une alerte aux feux de forêts et une tempête de neige aussi inattendue que rarissime – les extrêmes se rejoignent –, Chloé plonge (tout comme l’avait fait sa mère) dans l’étang glacé afin de retenir sa sœur Ilana venue en visite. Mais tout se terminera autrement et Chloé devra dire adieu à Mira, la maison de son enfance.

« Les passagers de l'arche »: Il s'agit d'une adaptation de l'histoire biblique de Noé. Le personnage principal du livre est une jeune fille, Re Jana, qui part dans le désert avec sa mère et son père constructeur de navires, pour y aider un certain Noé qui a un drôle de projet. Re Jana devient l'amante du fils de Noé, Cham, et petit à petit elle découvre le secret de l'entreprise: l'arche est réservée à un petit groupe d'élus, tandis que tous les autres sont promis à la mort par noyade.

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